26/03/2008

Projet de vie, projet de mort


"Pour sortir de ce dilemme, chacun, très consciemment,  devrait pouvoir formaliser, non seulement un projet de vie, mais  aussi un projet de mort, sans cesse révisable. Si ce projet   est de mourir le plus tard possible, alors la société doit lui fournir tous les  soins disponibles     indépendamment de leur cout, de son âge et de son état.  

Si ce projet de mort est de choisir librement sa mort le moment venu, alors la société, entourée de toutes les  précautions et de toutes les procédures nécessaires  pour établir qu'il s'agit bien alors d'un acte de liberté, doit permettre à celui qui en décide ainsi  de bénéficier de toutes les aides nécessaires pour vivre sa mort aussi pleinement que sa vie."

  C'est exactement la situation actuelle en Belgique. Malheureusement, la Belgique est encore, contrairement à la France qui a établi la séparation entre l'église et l'état même si son nouveau président est train de faire un virage dangereux, un pays profondémment marquée par le catholicisme et ce sont les partis politiques catholiques, qui sont de retour au pouvoir (après huit ans d'absence pendant laquelle la loi a pu être votée par le gouvernement "violet"), et l'église qui essaient de remettre cette bonne loi sur l'euthanasie en question.

Le cardinal Daneels, premier prélat belge, condamne la publicité faite autour de l'euthanasie demandée par l'écrivain flamand Hugo Claus avant sa mort. Cela a été refusé à Chantal Sébire (qui est morte jour avant que Hugo Claus) en France qui ne demandait qu'à mourir dignement. Nous ne mourons pas égaux, suivant qu'on se trouve d'un côté ou de l'autre de la frontière ...

Euthanasie: un débat sucidaire

http://www.lefigaro.fr/debats/2008/03/24/01005-20080324AR... 

"Si ce projet   est de mourir le plus tard possible, alors la société doit lui fournir tous les  soins disponibles, indépendamment de leur coût, de son âge et de son état.  "

La dernière année de notre vie, notre dépense médicale équivaut à tout ce que nous avons déjà dépensé de toute notre vie. Alors, à ce tarif, pourrons-nous vraiment tenir la route ?

Apparemment, l'euthanasie n'intéresse pas beaucoup de monde. Pourtant, les problèmes d'éthique dont l'euthanasie n'est qu'une partie, devront nous préoccuper et occuperont nos dirigeants pendant longtemps, sur le plan national et européen. Car, non seulement nous ne savons pas quand nous mourons, mais où cela aura lieu. Cela peut se produire n'importe où, mais tenons-nous en à l'Europe, pour l'instant.


Le blog de JA est bien écrit. La vidéo de Christophe Barbier est bien dite:

http://www.lexpress.fr/idees/debats/dossier/editobarbier/... 

 

@mimi pinson

Si vous croyez qu'il y a reproche de ma part, il y a méprise. Je vous renvoie aux deux dernières interventions dans "Principe d'imprécation" du 30/10/2007. Le problème dans toute entreprise humaine est de savoir quelle est la part de risque et celle de certitude. La peur (voir "la Grâce des Femmes" par ex.), comme la colère d'ailleurs, est mauvaise conseillère. Si nos ancètres s'étaient arrêtés par la peur quand ils ont vu "filer" les premiers trains à 30 km/h dans la campagne, il n'y aurait pas eu de révolution industrielle.
Ici, le sujet est grave puisqu'il s'agît de gérer notre fin sur terre, pour moi, notre fin tout court. Cependant, sous prétexte de prudence, il ne faut pas arrêter le progrès quand il va dans le bon sens. Comme disait le général De Gaulle: "l'intendance suivra".
Il est vrai quand je vois ce que les américains prennent comme risques dans tout ce qu'ils entreprennent, cela m'effraie. J'ose croire que cela est instcrit dans leurs gênes, vu leurs origines aux 16-18ème siècles. Les européens sont en général plus prudents (ex. les OGM) et tant mieux. Mais quand il faut y aller, il faut y aller.

@mimi pinson
A défaut de fleurs, difficiles à envoyer sur le réseau, je vous ai déniché ce site blog, d'une autre Mimi (ou de vous-même?):
http://bloga4mains.skynetblogs.be/

En France, l'aquittement de la mère qui a aidé sa fille de 26 ans à mourir  dignement  est dans la ligne de ce que certains (les libéraux flamands notamment) veulent progresser en légalisant l'euthanasie à l'égard des mineurs et de ces malades qui sont incapables de donner leur avis. Les catholiques (CD&V et CDh) s'y opposeront. On verra.

Le mardi 29 avril 2008 à 14:55, par attila Author Profile Page

Apparemment, François Mitterrand, à la fin de sa vie , était devenu mystique, comme un simple mortel et n'assumait pas beaucoup le matérialisme du socialisme. Faiblesse, crainte de l'après, du vide, de la vacuité comme disent les bouddhistes ? http://archives.lesoir.be/t-20080429-00FWEU.html?query=ca...

Justement, le bouddhisme (et l'hindouisme encore plus), condamne toute élimination de vie, que ce soit par euthanasie, suicide ou avortement. Un livre que je conseillerais est "Le moine et le philosophe" par Jean-François Revel et Matthieu Ricard (son fils). Cela fait partie de mon trio après "Le moine et l'astrophysicien" et "Plaidoyer pour le bonheur". Et pourtant, avec la médecine moderne, l'Occident est sur le point d'éliminer la souffrance physique qui est la hantise et la raison d'être du bouddhisme. Ce dernier préfère encore, au XXIème siécle, dire aux souffrants: luttez la souffrance de l'intérieur par les techniques de l'introspection, de la méditation, de la contemplation. A choisir, mon choix sera vite fait ! Adieu le bouddhisme ! Et aussi l'hindouisme car, très bientôt, l'Inde sera confrontée à des contradictions entre le progrès scientifique et des doctrines d'un autre temps. Donc, adieu l'hindouisme. Et, tant qu'à faire, adieu tous les "ismes" qui m'étouffent, me bouffent l'air !

 

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